OBSERVER LE CIEL DANS DE NOUVELLES FENETRES SPECTRALES
Avec moins de vapeur d'eau et moins d'a?rosol qu?au dessus des sites terrestres classiques, l'atmosph?re du D?me C ouvre de nouvelles fen?tres spectrales d'observation qui vont notamment permettre de voir ? travers la poussi?re interstellaire et ?tudier l'univers jeune et froid. Des projets de t?lescopes existent d?j? pour profiter de ces conditions uniques d?observation, interm?diaires entre l?espace et les meilleurs sites terrestres d?j? exploit?s.
L'atmosph?re du D?me C transparente aux grandes longueurs d'onde
Le principal obstacle ? l?observation astronomique est l?atmosph?re terrestre qui a trois effets n?fastes principaux , elle est absorbante, ?missive et turbulente. Pour cette raison, les astronomes choisissent d?implanter leurs observatoires sur des sites de haute montagne (Hawa?, Andes) ou bien utilisent des moyens a?roport?s (avion, ballon) ou bien encore spatiaux (fus?es, satellites). Le Plateau Antarctique de par son altitude ?lev?e (3000 ? 4000m) et ses conditions atmosph?riques particuli?res (froid, sec) est susceptible de fournir des conditions uniques d?observation, interm?diaires entre l?espace et les meilleurs sites terrestres d?j? exploit?s.
Avec moins de vapeur d'eau et moins d'a?rosol qu?au dessus des sites terrestres classiques, l'atmosph?re du D?me C ouvre en effet de nouvelles fen?tres spectrales d'observation, notamment dans le proche infrarouge aux longueurs d'onde comprises entre 1 et 40 microns ? et dans le domaine submillim?trique ? entre 100 microns et 1 mm. L'atmosph?re, globalement homog?ne sur toute la surface terrestre, est constitu?e de 78 % d'azote et de 21 % d'oxyg?ne. Ce sont essentiellement les composants minoritaires (le % restant) tels que la vapeur d'eau (H2O), le gaz carbonique (CO2) ainsi que les a?rosols qui varient d'un site terrestre ? l'autre et qui modifient la transmission de l'atmosph?re avec l?altitude. Dans l?infrarouge, les observations astronomiques sont ?galement limit?es par le rayonnement thermique du fond de ciel. Les mol?cules de vapeur d'eau et les a?rosols absorbent puis r??mettent de la lumi?re ? ces longueurs d'onde, et constituent donc une importante source de rayonnement parasite qui ?blouissent les d?tecteurs. Les a?rosols, d'origine humaine ou volcanique sont relativement absents du D?me C gr?ce ? l??loignement des zones habit?es et ? la circulation des jet streams qui emp?chent les d?pressions de p?n?trer ? l'int?rieur du continent Antarctique. La tr?s faible concentration en mol?cules d'eau permet ?galement au rayonnement submillim?trique d'?tre transmis, notamment dans les fen?tres ? 200, 350 et 450 microns.
? M.G. Burton et al (2005)
Comparaison de la transmission atmosph?rique entre le site de Mauna Kea (4200m) ? Hawaii (en rouge) et le D?me C (en bleu) pour des longueurs d'ondes comprises entre 2.4 microns (proche Infrarouge) et 500 microns (submillim?trique). Au D?me C, il y a am?lioration de la transparence des fen?tres d?j? existantes jusqu'? 30 microns, et ouverture de nouvelles fen?tres de 50 ? 500 microns.
Au D?me C, s?ouvrent donc de nouvelles fen?tres spectrales et celles qui existent sur les autres sites s??largissent.
A cette transmission remarquable de l'atmosph?re au D?me C, s'ajoute la possibilit? unique de r?aliser des observations en continu sur de longues p?riodes, sans l'alternance jour/nuit. Deux avantages compl?mentaires qui ouvrent des perspectives astrophysiques uniques et passionnantes.
? E. Aristidi
Au D?me C, les temp?ratures peuvent atteindre -80?C ? L?atmosph?re y est donc pauvre en vapeur d?eau et en a?rosols qui retiennent la chaleur. Par cons?quent, le site du D?me C est id?al pour r?aliser des observations astronomiques dans l?infrarouge et le submillim?trique.