Pr?s de 90 % du temps d'observation durant 3 mois exploitables avec tr?s peu de scintillation, ces conditions exceptionnelles pr?sentes au D?me C sont id?ales pour une autre m?thode de d?tection d'exoplan?tes n?cessitant du temps et de la pr?cision : les microlentilles gravitationnelles. Il s'agit toujours d'observer une variation de l'?clat lumineux d'une ?toile source mais cette fois-ci, les astronomes sont ? la recherche d'une intensification de cet ?clat. En effet, selon les lois de la Relativit? G?n?rale, un astre massif courbe l'espace situ? autour de lui, de telle sorte que m?me la lumi?re passant dans son environnement proche est d?vi?e. Ainsi, un objet astrophysique plac? entre une ?toile source et un observateur agit comme une lentille optique qui va intensifier la lumi?re de l'?toile source. Comment d?tecter un tel objet ? En observant en continu des centaines d'?toiles tr?s brillantes ? plut?t situ?es vers le bulbe galactique, r?gion o? la densit? d??toiles est la plus ?lev?e ? et en guettant patiemment le passage d'?toiles froides de quelques dixi?mes de masses solaires ? ces ?toiles dites naines rouges sont les plus nombreuses dans notre galaxie. Et lorsque l'?v?nement se produit, les astronomes obtiennent alors la courbe caract?ristique tant recherch?e (voir courbe). Ce qui motive particuli?rement les chasseurs d'exoplan?tes avec cette m?thode, c'est que le mod?le actuel de formation des syst?mes plan?taires livre un r?sultat int?ressant : ces ?toiles froides abriteraient de nombreuses plan?tes telluriques de quelques dixi?mes ? une dizaine de masses terrestres. Ils vont donc rechercher la pr?sence d'un second signal d'amplification, d? ? la pr?sence de ces super Terres froides. Via cette technique de microlentille gravitationnelle, c'est une chance unique de rep?rer des objets ind?tectables par les autres m?thodes et ainsi, de mieux comprendre la formation des syst?mes plan?taires en enrichissant le catalogue des exoplan?tes avec des objets comparables ? la Terre.
? NASA/JPL ? Caltech/R. Hurt (SSC)
Notre Soleil est situ? en proximit? de la p?riph?rie de notre galaxie, la Voie Lact?e, ? quelques 25 000 ann?es-lumi?re du centre galactique.
Pour d?tecter des exoplan?tes par effet de microlentille gravitationnelle, les astronomes pointent leur t?lescope vers la r?gion du bulbe galactique qui contient une importante concentration d??toiles brillantes, en attendant patiemment le passage de naines rouges sur la ligne de vis?e. Les naines rouges sont les ?toiles les plus nombreuses au sein de notre galaxie et on les soup?onne d?abriter des plan?tes de type terrestre.
La d?tection de l'intensification lumineuse due au passage d'une de ces ?toiles, dite naines rouges, devant une ?toile brillante du bulbe galactique, n?cessite des semaines voire des mois d'observations en continu, car le temps de transit pour ce type d'objet est de l'ordre de 5 ? 100 jours. Dans l'h?misph?re sud, la r?gion du bulbe galactique est visible durant l'hiver austral. C'est la raison pour laquelle les astronomes ont mis en place un r?seau de t?lescopes situ?s autour de l'Antarctique, qui se relaient et qui sont d?di?s ? l'observation de cette r?gion. A l'heure actuelle, plus de 600 d?tections annuelles de transits de naines rouges sont enregistr?es par ce programme, soit autant de chances d'y d?tecter la pr?sence d'une plan?te tellurique de quelques masses terrestres. Le site du D?me C, en r?unissant toutes les meilleures conditions photom?triques n?cessaires ? cette m?thode de d?tection, permettrait d'envisager l'utilisation d'un t?lescope unique d?di? ? ce programme de recherches.
? IMAGE - NASA JP. Beaulieu et al (2206) ? C. Baudouin
Lorsqu?une ?toile de type naine rouge passe entre une ?toile brillante du bulbe galactique et un observateur, elle joue le r?le de lentille gravitationnelle en intensifiant la lumi?re d?tect?e par les astronomes. Ce passage se traduit par un pic de luminosit? au cours du temps. Si la naine rouge abrite une exoplan?te, sa pr?sence va ?galement se traduire par une intensification lumineuse, plus faible. C?est le cas sur cette courbe qui montre la pr?sence d?une plan?te de type terrestre, de 5.5 masses terrestres, situ?e ? quelques 20 000 ann?es-lumi?res de notre syst?me solaire (JP. Beaulieu et al, 2006).